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Mémoire de Mahamoud Harbi Le plus grand martyr de l'indépendance de la République de Djibouti
Le peuple aime la liberté, le peuple aime la démocratie |
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إِلَّا مَا شَاء اللَّهُ إِنَّهُ يَعْلَمُ الْجَهْرَ وَمَا يَخْفَى
ce qu'Allah veut. Car, Il connaît ce qui paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché
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LA CAMPAGNE DU REFERENDUM DE SEPTEMBRE 1958 |
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La campagne pour le référendum de septembre 1958 s’ouvre le 7 Août 1958 par une retentissant déclaration de Mahamoud Harbi Farah au journal « Le Monde » . Le député et vice président du Conseil de Gouvernement annonce qu’il fera campagne pour le « Non », et qu’il souhaite l’indépendance, dans l’amitié avec la France . « L’indépendance que nous demandons, déclare-t-il, ne veut pas dire divorce, ni sécession . Nous savons combien l’indépendance des faibles, des isolés, est une illusion, dans un monde dur où il devient indispensable de se grouper, de faire bloc avec ses amis, pour survivre, principalement sur les plans économique et militaire . Notre choix à nous est fait . C’est avec la France que nous ferons bloc au sein d’une alliance fraternelle dont nous fixerons les contours dés que nous aurons obtenu l’indépendance » . A Djibouti, la stupeur est grande . L’enfant chéri de l’administration devient l’enfant terrible . Connaissant l’ascendant exercé par Harbi sur les populations autochtones, l’administration craint le pire . Pour éviter que ne se propage sa prise de position, elle n’est pas publiée dans le journal local, et des mesures de contre-propagande sont immédiatement mises en œuvre . Les Anciens Combattants, les notables appointés, les vieux serviteurs du gouvernement colonial, signent des déclarations en faveur du « Oui à la France » . A grand soulagement du pouvoir, après la vaste campagne des désinformation et des faux promesses de la France. La décision prise par Harbi de brusquer la marche vers l’indépendance a provoqué chez sensibilisés un surprise et désarroi jusque parmi certains de ses amis, qui craignent d’être brutalement « lâchés dans le vide » . Le 28 Septembre, 8 661 électeurs du Territoire se prononcent en faveur de la nouvelle constitution, en 2 851 soit 25 % des votants, pour l’indépendance immédiat . Ce pourcentage de 25 % pour le « Non » est le plus élevé de tous les Territoires français d’Outre-mer, si l’on excepte la Guinée qui vote « Non » à 97% . Le 2 Octobre 1958 , l’Assemblée territoriale se réunit dans une atmosphère houleuse . Sur les six ministres qui avaient désavoué Harbi avant le référendum, quatre se rétractent et estiment qu’il faut de nouveau faire confiance au Vice-président pour continuer, dans le cadre de la nouvelle constitution, l’évolution par étapes vers l’indépendance . Les amis de Harbi, se regroupent à nouveau autour de leur ancien chef de file . l’Assemblée renouvelle sa confiance à Mahamoud Harbi Farah. Le 4 Octobre 1958, le chef du Territoire, Maurice Meker, signe un arrêté suspendant de leurs fonctions les ministres demeurés favorables à Mahamoud Harbi Farah. Le lendemain, des incidents éclatent en ville entre partisans de harbi et le service d’ordre . Harbi est légèrement blessé à la tête au cours de l’échauffourée : deux membres du Conseil de Gouvernement, les ministres des Affaires Intérieures et du Travail, sont arrêtés et condamnés le jour même en audience des flagrants délits pour voies de fait à l’encontre d’agents de la force publique, à deux mois de prison, peine portée à trois mois par le tribunal d’appel . Le 21 Octobre 1958, un décret est promulgué par le gouvernement central, portant dissolution de l’Assemblée territoriale . L’élection d’une nouvelle Assemblée est fixée au 29 Novembre . Tirant la leçon des événements, le gouvernement français promulgue une nouvelle loi électorale . Il s’agit en premier lieu de réduire la prépondérance politique des somalis . La majorité des somalis ayant voté « Non » au référendum, l’administration française se résout à abandonner sa politique de soutien à ce groupe ethnique . Ainsi s’achève une année riche en péripéties pour le Territoire . Les grandes efforts de Mahamoud Harbi Farah pour l’accession à l’indépendance du Territoire s’est écroulé . Il quitte Djibouti quelques mois plus tard, au début de l’année 1959, il se rend d’abord à Paris puis voyage, du Caire à Mogadiscio, de l’Europe de l’Est à Pékin . Il milite dans les rangs du mouvement afro-asiatique . En juillet 1960 il assiste aux fêtes de l’indépendance et à la naissance de la République de Somalie . Il jette les bases d’un « Front de Libération de la C.F.S » . Loin de Djibouti, il demeure présent dans la mémoire de ses compatriotes . On le dit parfois prés de la frontière, on dit aussi qu’il tente d’obtenir des armes chinoises pour libérer Djibouti. Le 29 Septembre 1960 parvient la tragique nouvelle : Mahamoud Harbi Farah a trouvé la mort dans un accident d’avion, entre Genève et le Caire, selon l’information de l’administration colonial « français ». Avec la disparition de Harbi qui a été bien souhaité par l’administration colonial française, une page de l’histoire du Territoire est tournée . « Parmi les Djiboutiens beaucoup ne veulent pas croire à la mort de Harbi et prétendent que cette nouvelle qui précise qu’il a trouvé la mort dans un accident avion n’est qu’une machination montée par la France, en majorité des Djiboutiens pensent que la mort de Harbi était un complot monté par la France coloniale afin de le faire sortir du saine politique et d’enterrer ses revendications d’indépendance immédiat » . La légende entourait déjà le souvenir de cet homme hors série, qui succomba à ses ambitions.
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